Douleurs lors de la miction, difficultés d’uriner, pipi complètement rouge, vous décrivez des signes d’infection urinaire. Parfois ça vous arrive plusieurs fois par an et ça vous désespère.
Que faire ? Surtout évitez l’automédication et adressez-vous d’abord à votre médecin.
Mais pourquoi fait-on une infection urinaire, et pourquoi certaines femmes ont tendance à récidiver et pas d’autres ?
La vessie est normalement stérile, mais du fait de sa proximité avec le vagin et l’anus, riches en microbes, la femme est plus sujette aux infections urinaires que l’homme, car son canal évacuateur (urètre) ne fait que 3 cm alors qu’il est de plus de 25 cm pour le sexe masculin. L’infection urinaire basse ou cystite se manifeste le plus souvent par des brûlures mictionnelles (le pipi brûle quand il descend) ou encore par des douleurs du bas ventre (cystalgies), une envie fréquente d’uriner (pollakiurie) juste quelques gouttes avec difficultés (dysurie) ou encore une impériosité mictionnelle (besoin urgent d’aller aux toilettes), une hématurie (présence de sang dans les urines). Cela est gênant, voir insupportable et vous inquiète, surtout si ça revient fréquemment. De plus, une infection urinaire basse mal traitée peut remonter vers les reins, et l’infection est alors bien plus grave douloureuse et dangereuse. Typiquement, la cystite ne donne pas de fièvre et sa présence doit alors faire suspecter une infection urinaire haute.
Il peut exister des facteurs favorisants qu’il faut rechercher systématiquement en cas de récidives fréquentes (4 fois ou plus par an). Parmi ces facteurs, les rapports sexuels (qui font migrer les germes de l’urètre vers la vessie avec le mouvement), une infection vaginale, un diabète méconnu, une ménopause non traitée, une tumeur, une malformation vésicale, un calcul ou encore un corps étranger vésical. La prise fréquente d’antibiotiques peut aussi favoriser l’émergence de bactéries résistantes. C’est pour cela qu’il faut consulter un spécialiste urologue ou gynécologue en cas de récidive, qui dès la suspicion diagnostique, vous prescrira un ECBU (examen cytobactériologique des urines) à faire avant de commencer un traitement, de manière à confirmer le diagnostic et à isoler le germe responsable. Souvent on donne une antibiothérapie probabiliste que l’on adaptera selon l’évolution clinique et au résultat de l’ECBU. Mais le facteur favorisant le plus souvent retrouvé est simplement le fait de ne pas boire beaucoup, car l’eau est un excellent moyen de laver la vessie et l’urètre, pour chasser régulièrement les bactéries et éviter leur stagnation et leur multiplication.
Des conseils donc pour éviter les récidives :
-Boire beaucoup d’eau de manière générale, plus de 1.5 l par jour
-Éviter la constipation par une alimentation riche en fibres et une activité physique régulière
-Faire pipi avant et après un rapport sexuel pour laver le tractus génital et urinaire, mais ne pas se laver à l’intérieur ni faire de douches vaginales
-Éviter l’automédication qui sélectionne des germes résistants.
-Eviter l’excès d’hygiène intime qui favorise un dérèglement de la flore vaginale normale, et /ou l’utilisation fréquente de gels intimes a pH inadapté
-Porter des sous-vêtements en nylon ou trop serrés qui favorisent la macération et les infections vaginales à candida notamment.
-Ne pas retenir longtemps l’envie d’uriner car les bactéries se multiplient plus quand les mictions sont éloignées.
-S’essuyer de l’avant vers l’arrière après la selle.
-Diminuer ou éviter le thé, le café, les épices et les autres produits qui peuvent irriter la vessie.
-Traiter la sécheresse vaginale pré ou post ménopause par des ovules trophiques et des probiotiques.
Plusieurs traitements peuvent être proposés avec une certaine efficacité chez les femmes qui font plus de 3 épisodes par an. Outre le traitement de l’épisode aigu par un antibiotique adapté à l’ECBU, on peut proposer une antibiothérapie préventive au long cours selon des protocoles étudiés. La photobiomodulation (lasers froids ou encore Low level laser Therapy LLLT) est aussi une nouvelle arme pour augmenter les défenses de l’organisme et lutter contre les bactéries inopportunes.
Enfin il est recommandé de consommer régulièrement des graines de canneberge (médicaments en pharmacie ou demander à votre 3Attar traditionnel des fraises beldi ou TOUTT AL BARRI) qui empêchent l’adhésion des bactéries à la paroi vésicale et évite beaucoup de récidives.
Au total, ne désespérez pas si vous faites des infections urinaires à répétition, l’essentiel est d’éliminer les mauvaises habitudes d’hygiène et les facteurs favorisant , de boire beaucoup d’eau , d’ éviter l’automédication et de vous adresser rapidement à votre médecin traitant si ça ne va pas.
Dr H.BENABBES TAARJI



