Pourquoi le cancer du sein vous fait-il si peur, mesdames, au point que sa seule évocation vous fait changer de sujet? ESPOIR est le mot à retenir.
Il ne faut pas nier que le cancer du sein est fréquent avec près d’une femme sur 8 qui a fait ou fera la maladie. Le principal facteur de risque (en fait, un ensemble de risques mineurs) est notre mode de vie . L’américan way of life ou le mode de vie occidental.Avec plus de stress, la pollution, une alimentation de plus en plus déséquilibrée, envahie de pesticides et de perturbateurs endocriniens.
Mais aussi le surpoids et l’obésité liés à cet excès de graisse, à la sédentaire et au manque de sport. Les cancers héréditaires sont rares (moins de 10 %). Cependant, si l’on ne peut éviter la maladie, on peut la dépister tôt avec une meilleure prise en charge.
Savez-vous que c’est un gentil cancer avec 98 % de survie globale à 10 ans à condition d’être traitée précocement?
Vous avez également très peur, car pour vous, qui dit cancer dit ablation du sein. NON Ce sont des idées anciennes dans la plupart des cas. On est certes encore amené à enlever le sein quand cela s’impose. Mais quand il dépiste la maladie tôt, le gynécologue pratique généralement un traitement conservateur. Parfois même sans chirurgie avant de donner la main à l’oncologue. Il existe même des techniques d’oncoplastie (chirurgie esthétique appliquée au cancer) pour des tumeurs évolués ou multifocales. On peut enlever toutes les zones malades et remodeler le sein restant pour le conserver.
Je peux vous citer pleins de cas vécus de laisser-aller. Une dame un jour est venue pour une tumeur de 5 cm, alors que sur la mammographie faite 9 mois auparavant, la tumeur n’en faisait que deux. Pourquoi avoir tant tardé? Par négligence et ignorance m’a-t-elle dit!. Comment lui conserver alors son organe? Une autre femme de 45 ans a palpé un ganglion sous ses aisselles, mais l’a oublié. Ce n’est qu’avec 6 mois de retard que le diagnostic a été fait et le cancer pris en charge. Une vieille dame de 88 ans ayant une tumeur de 4 cm a été traitée juste par des médicaments (hormonothérapie) avec une bonne évolution.
IL NE FAUT PAS DONC AVOIR PEUR DU CANCER DU SEIN !. Le message principal à retenir est que le diagnostic précoce donne l’espoir d’un traitement conservateur du sein et un bon pronostic. Pour cela, il est fondamental de consulter votre médecin régulièrement. Juste une fois par an au minimum. Il vous palpera les seins et vous fera ou prescrira une échographie mammaire et une mammographie. Si elles sont normales, vous referez un dépistage tous les deux ans. En cas d’anomalies, vous devrez faire des examens complémentaires. Le but est d’éliminer un cancer silencieux avant qu’il ne fasse parler de lui. Sinon ,vous le découvrirez vous-même à un stade plus tardif.
Toutes les femmes après 45 ans doivent faire ce dépistage, MÊME ET SURTOUT si elles ne se plaignent de rien. Pour les rares cas familiaux, ce dépistage doit commencer 5 ans avant l’âge du diagnostic du 1er cancer du sein de l’ovaire ou du colon dans la famille.
Par ailleurs, cette visite chez votre gynécologue sera aussi l’occasion de faire un bilan de santé. De réaliser un frottis du col utérin pour prévenir cet autre cancer aussi fréquent et silencieux. D’ailleurs, dans les pays développés, seuls ces programmes de dépistage organisés ont permis de diminuer la gravité de ces deux cancers.
Au final, mesdames, la peur doit changer de camp et se transformer en espoir grâce au dépistage précoce. Je vous enjoins de prendre part activement à votre santé en recherchant cette maladie fréquente avant qu’elle ne vous trouve, seul gage d’un traitement plus facile et de loin avec un meilleur pronostic.



